[EXPERTISE-COMPTABLE]
L’évolution des cabinets d’experts-comptables à 5 ans

Historiquement, la profession d’expert-comptable n’a jamais été un secteur d’activité hors-sol. Bien au contraire. Ainsi, dans les cinq prochaines années, la profession sera de plus en plus plébiscitée et devra faire face à des bouleversements majeurs.

L’expert-comptable de demain, ne ressemblera plus vraiment à celui que nous avions l’habitude de côtoyer dans la vie des affaires. Dès lors, les nouveaux impétrants au métier d’expert-comptable s’apprêtent à vivre des années d’évolution où le maître-mot sera: adaptabilité.

La plupart des tâches répétitives, sans grande valeur ajoutée, vont disparaître et seront traitées par l’intelligence artificielle. Par ailleurs, le législateur pousse résolument vers cette mutation et agit même comme un accélérateur du processus via l’avènement de la facture électronique.

En effet, l’entrée en vigueur de la facture dématérialisée obligatoire en est en marche. D’ici cinq ans, nul doute que la saisie manuelle des factures de TVA, par exemple, appartiendra au passé.

En 2025, la profession aura fait un pas de géant sur le sujet. La transformation digitale va s’accélérer sous l’impulsion des PME (qui ne font qu’accélérer le mouvement depuis la pandémie), avec la nécessité de développer séance tenante de la datavisualisation.

Cette mue technologique est le défi à relever pour les experts-comptables. Rappelons que, même si la facture électronique n’est pas encore mise en place dans l’hexagone, c’est désormais le cas chez certaines de nos voisins, comme en Italie. L’arrivée de la facture électronique est prévue en France dès le 1er janvier 2023 (autrement dit demain) avec l’obligation d’émettre des factures dématérialisées pour les grandes entreprises puis dès 2024 pour les PME.

Comme vu en supra, les collaborateurs de cabinets sont encore affectés à des tâches répétitives, sans grande valeur ajoutée. Au niveau des cabinets, la digitalisation va naturellement entraîner, soit la disparition de certains postes, soit les modifier très fortement. A horizon 5 ans, celle-ci devrait être prise en charge à hauteur de 80%, par les nouveaux logiciels.

Ces derniers devront acquérir de nouvelles compétences pour rester dans la course au changement et développer au mieux des missions à forte valeur ajoutée, pour répondre aux besoins d’une clientèle qui souhaite de plus en plus se faire accompagner. On estime qu’au total, près de 20% du chiffre d’affaires sera lié dans les 5 ans, à des missions d’accompagnement. En outre, la formation tout au long de la carrière va s’inscrire au premier rang des préoccupations des professionnels.

Cette exigence d’accompagnement, dans la profession d’expert-comptable, va générer des missions très diversifiées. Chaque cabinet devra se spécialiser en proposant une offre dédiée aux besoins de leurs clients.

Autant le dire de suite: la spécialisation des experts-comptables n’est plus une option dans les cinq années à venir. Ce sera même un moyen de mieux cibler les prestations à effectuer tout en les valorisant. Certains cabinets ont d’ores et déjà franchi le rubicon, en adoptant des stratégies de niches comme dans le secteur immobilier et de la gestion fiscale des loueurs en meublés (LMNP, LMP, SCI, etc…)

D’autres cabinets ont opté pour une spécialisation dans les commerces de proximité comme les cafés, les hôtels, les restaurants, etc…) qui représentent une importante clientèle pour la profession.

A contrario, des cabinets ont fait le choix d’offrir des offres par “type de mission”. Dans des missions de FUSAC par exemple, des experts -comptables proposent déjà leur savoir-faire dans le cadre de cessions ou d’acquisitions, tout en étudiant les incidences juridiques et fiscales de l’opération et la qualité de l’entreprise-cible.

D’autres encore, ont fait le choix de se recentrer sur les domaines de la paie, ou plus globalement des ressources humaines avec des offres packagées afin de donner à leur clientèle, l’opportunité d’externaliser leur service paie et leurs fonctions RH, grâce à la mise à disposition de gestionnaires de paie et via des outils adéquats.

Enfin, il y a une branche de l’activité de l’expert-comptable qui suscite également de nouveaux horizons. C’est le cas notamment du développement de la gestion de patrimoine au sein des cabinets.

L’expert-comptable est par définition, l’interlocuteur de confiance des dirigeants de PME. Il les conseille au quotidien sur l’activité de leur société, mais aussi sur ses impacts, sur leur patrimoine.

Actuellement, le conseil patrimonial ainsi dispensé n’est que trop rarement facturé. C’est pourtant un service à forte valeur ajoutée qui mérite d’être développé dans les 5 années à venir.

En effet, l’expert-comptable peut être force de proposition sur des questions relatives à l’anticipation de la retraite du dirigeant, sa protection sociale via la prévoyance, les contrats homme-clé, ou encore l’optimisation de sa rémunération.

En tant que conseil du dirigeant, il dispose d’une vision à 360 degrés de l’écosystème économique de ce dernier, et d’une connaissance approfondie de l’entreprise. Tous ces éléments lui permettent d’appréhender au mieux patrimoine social, patrimoine professionnel et patrimoine personnel, et les interactions qui en découlent.

Nous avons vu que les missions des collaborateurs vont évoluer rapidement avec des postes de plus en plus hybrides. Il est donc naturel que les profils cabinets d’experts-comptables attirent des hommes et des femmes plus généralistes et moins focus sur la comptabilité pure.

De plus, les cabinets vont faire face à des transformations culturelles et à des changements de comportements dans la vision du travail qu’en ont, à tort ou à raison, la génération Y.

Le management se devra d’être considéré sous l’angle de la bienveillance afin de donner du sens à une nouvelle génération qui n’a plus les mêmes repères que ses aînés. Cela induira une plus grande productivité des collaborateurs via une écoute des attentes de ces derniers afin qu’ils se sentent bien au travail.

Le métier ne doit plus être considéré comme uniquement alimentaire mais doit offrir une vision, un but, avec des objectifs réalisables. Selon une étude récente, un collaborateur heureux est plus productif de 12 %.

Par ailleurs, il ne faut pas négliger l’apport des jeunes générations à leurs aînés, notamment sur l’évolution du management et aux pratiques émergentes liées aux nouvelles technologies.

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